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Conseils aux artisans6 min de lectureChalon-sur-Saône

Le site d’un artisan : cinq décisions, et dans quel ordre

Ce qui bloque, ce n’est pas le budget : c’est le nombre de questions qui arrivent en même temps. Voici les cinq décisions qui comptent vraiment, et les six qui peuvent attendre six mois.

Un atelier d’artisan et ses outils
Photo Todd Quackenbush sur Unsplash

Créer un site internet quand on est artisan, ce n’est pas d’abord un problème d’argent. C’est un problème de nombre : nom de domaine, hébergement, photos, textes, référencement, tarifs, prestataire… quinze questions tombent en même temps, et le dossier repart dans la boîte à gants jusqu’à l’hiver prochain.

Il existe pourtant un ordre. Cinq décisions structurent tout le reste. Les autres peuvent attendre sans conséquence.

Décision 1 : à quoi doit servir le site, et faut-il le faire maintenant

Commençons par la phrase que peu de prestataires écrivent : vous n’avez peut-être pas besoin d’un site tout de suite. L’agence AlmaWeb l’assume dans son article sur la création de site pour artisan, et c’est honnête. Si votre carnet est plein pour huit mois grâce au bouche-à-oreille et que vous ne cherchez pas à changer de type de chantiers, un site ne réglera rien.

Trois situations changent la donne :

  • vous perdez des devis parce que vous n’avez rien à montrer quand un particulier demande « vous auriez des photos ? » ;
  • vous voulez sortir du bouche-à-oreille pour viser un autre secteur ou un autre type de client ;
  • vous passez vos soirées à répondre aux mêmes questions par téléphone.

Écrivez l’objectif en une phrase vérifiable. « Recevoir des demandes de devis de particuliers dans un rayon de trente kilomètres autour de Chalon-sur-Saône » se teste. « Être visible » ne se teste pas.

Fiche Google ou site : les deux, mais pas pour la même chose

Les sources se contredisent sur l’ordre. Certaines recommandent la fiche Google d’abord et le site ensuite, d’autres l’inverse. Ce désaccord cache un accord de fond : la fiche vous fait trouver dans le pack local et sur Maps, le site vous fait choisir. Un client qui hésite entre trois couvreurs ouvre les trois fiches, puis regarde qui a des photos de chantiers réels. Créer un site internet quand on est artisan sans avoir rempli sa fiche Google, c’est monter les murs avant les fondations.

Décision 2 : qui possède quoi

C’est la décision la moins discutée et la plus coûteuse quand elle est mal prise. WebTensor évoque dans son dossier sur le coût d’un site d’artisan le cas du prestataire qui cesse son activité et laisse derrière lui un site que personne ne peut reprendre. Ça arrive.

Avant de signer quoi que ce soit, posez ces sept questions. À n’importe quel prestataire, y compris à moi :

  1. Le nom de domaine est-il déposé à mon nom et à celui de mon entreprise ?
  2. Est-ce que j’ai accès au compte où il est déposé ?
  3. Qui est propriétaire des textes et des photos une fois payés ?
  4. Où est hébergé le site, et dans quel pays ?
  5. Si je pars, qu’est-ce que je récupère exactement, et sous quel format ?
  6. Quelle est la durée d’engagement ?
  7. Quel est le préavis pour arrêter ?

Si une réponse est floue, ce n’est pas grave en soi. Si trois le sont, changez d’interlocuteur. Pour information, chez moi c’est douze mois d’engagement, puis un mois de préavis, et le domaine est à votre nom.

Décision 3 : le mode de production et le vrai budget

Quatre voies existent. Les fourchettes ci-dessous viennent de pages d’agences concurrentes : ce sont des positions commerciales, pas un relevé de marché. Je les cite avec leur source pour que vous puissiez juger.

VoieCe qui est annoncéCe qui revient chaque année
Le faire soi-mêmeà partir d’environ 150 €/an selon Creartworkhébergement, domaine, votre temps
Plateforme en lignemoins de 10 €/mois selon Vitrine-Artisanl’abonnement, tant que vous le tenez
Indépendant ou agence au forfait500 à 3 000 € selon Agence W2S, 1 500 à 5 000 € selon WebTensor500 à 1 500 €/an de maintenance, « souvent en option » (WebTensor)
Abonnement tout compris0 € de création chez moi, de 59 à 149 €/moisl’abonnement, tout inclus

Le calcul que personne ne fait, c’est celui sur trente-six mois. Additionnez : création, hébergement, nom de domaine, maintenance, et les modifications. Ce dernier poste est celui qui surprend, parce qu’il est fréquemment facturé au temps passé. Trois changements de tarifs et deux nouvelles photos par an, et un forfait bas se rapproche d’un abonnement.

Un forfait à petit prix n’est pas un piège pour autant : il ne couvre simplement pas les mêmes lignes. J’ai détaillé ces écarts dans pourquoi un devis fait 800 € chez l’un et 9 000 € chez l’autre, et les trois formules sont posées noir sur blanc sur la page tarifs.

Décision 4 : le périmètre minimal, et la zone d’intervention

Un premier site d’artisan tient en cinq blocs :

  • une page d’accueil qui dit le métier, la zone et le téléphone ;
  • une page par prestation principale, pas une page fourre-tout ;
  • des réalisations, avec vos photos, pas des images achetées ;
  • la zone d’intervention ;
  • une page contact avec le numéro affiché en clair.

La zone d’intervention mérite qu’on s’y arrête. Nommez les communes où vous vous déplacez réellement : Chalon-sur-Saône, Saint-Rémy, Châtenoy-le-Royal, Givry, Saint-Marcel, Chagny. Écrire « toute la Bourgogne » ne vous fera pas remonter davantage et vous vaudra des appels pour des chantiers à cent kilomètres que vous refuserez. Vous pouvez regarder comment c’est traité sur les sites déjà livrés.

Décision 5 : qui alimente le site, et qui répond

Un site qui ne bouge plus vieillit vite. La question à trancher avant la mise en ligne est simple : dans six mois, quand vous voudrez changer un tarif ou ajouter trois photos d’un chantier de terrasse, qui le fait, en combien de temps, et à quel prix ? Si la réponse est « je le ferai moi-même un dimanche », soyez lucide : ce dimanche n’arrivera pas.

Le même sort guette les fiches Google créées un soir puis abandonnées. Créer un site internet quand on est artisan suppose de décider qui s’occupe des photos, des avis, des mises à jour techniques et des sauvegardes. Un nom, pas une intention.

Créer un site internet quand on est artisan : ce qui peut attendre

Six sujets vous seront proposés. Aucun n’est urgent pour un premier site.

  • Le blog. Utile, mais chronophage, et il ne sert à rien tant que les pages prestations ne sont pas solides.
  • La boutique en ligne. Sauf si vous vendez des produits, c’est un autre métier.
  • Le logo refait. Votre logo actuel suffit pour démarrer.
  • La prise de rendez-vous en ligne. Votre téléphone fait déjà le travail.
  • Les réseaux sociaux. Un compte tenu à moitié fait plus de mal que pas de compte.
  • La publicité payante. Ne payez pas pour amener des visiteurs sur un site que vous venez à peine de finir.

Combien de temps ça prend vraiment

Le délai technique et le délai réel sont deux choses différentes. Chez moi, la mise en ligne intervient en général sous 96 heures ouvrables après notre échange et après réception de vos éléments. Cette seconde condition est celle qui fait toute la différence : sans photos, pas de site.

Préparez donc, avant même le premier appel :

  • la liste de vos prestations, dans vos mots ;
  • dix à quinze photos de chantiers, prises au téléphone, avant/après si possible ;
  • les communes où vous intervenez ;
  • le numéro sur lequel vous voulez être appelé ;
  • deux ou trois clients susceptibles de laisser un avis.

Une heure de préparation vous fait gagner trois semaines d’allers-retours.


À quoi il sert, qui le possède, comment il est produit, ce qu’il contient, qui l’alimente : ces cinq réponses valent plus qu’un cahier des charges de vingt pages. Si vous voulez voir à quoi ressemblerait le vôtre avant d’engager le moindre euro, demandez un aperçu gratuit. Vous appelez, c’est moi qui réponds. — Thibault Guerry, Atelier Guerry, Chalon-sur-Saône.

Questions fréquentes

Votre site mérite le même soin

Dites-moi votre métier et votre secteur, je vous montre concrètement ce que ça donnerait. Sans engagement, et sans frais de mise en route.

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